|
Chères Cannoises, Chers Cannois, Mes chers amis,
Au terme de cette matinée commémorative qui nous a réunis dans le souvenir de nos morts à La Bocca et à l’Hôtel de Ville, je suis particulièrement heureux de vous accueillir sur cette place de la Castre, cœur historique de Cannes, pour partager le verre de l’amitié.
Mais avant de prendre le temps de nous rafraichir, j’aimerais que nous prenions celui de la réflexion. Je crois en effet qu’il n’est pas de meilleure occasion que celle du 14 juillet pour parler de la France, de son histoire certes comme nous l’avons fait ce matin devant nos monuments, mais aussi de son présent et surtout de son futur. Je crois qu’il n’est pas de meilleure occasion que ce jour de fête nationale pour parler de notre Nation, des Français, de ce qui les préoccupe, de ce qui les inquiète, de ce qui les angoisse parfois, de ce qui doit aussi les faire aller de l’avant, les faire espérer. Car il est bien des raisons d’espérer, bien des raisons de croire en ce demain que nous allons vivre ensemble, à Cannes, en France.
Quelle est belle notre ville de Cannes. Quelle est belle notre France. Nous venons d’en glorifier les héros du passé, d’un passé prestigieux, le temps est venu pour nous, pour chacun de nous, de la projeter dans l’avenir.
Depuis plusieurs années, l’actualité internationale donne à voir un monde en pleine mutation, marqué par la violence, celle du terrorisme, celle de conflits armés anciens et nouveaux, par l’émergence de nouvelles puissances économiques qui fait des sous-développés d’hier les grands d’aujourd’hui, par la prise de conscience du risque climatique et de l’urgence à agir pour la sauvegarde des ressources de la planète, afin que la vie, la nôtre et celle de toutes les espèces vivantes, puisse perdurer sur la terre, par la crise alimentaire qui frappe de plus en plus durement certaines régions du monde, dont les pays d’Afrique, ou encore la crise financière des subprime aux Etats-Unis dont les conséquences traversent l’Atlantique, et bien d’autres phénomènes encore. Les Etats réunis en sommet du G8 au Japon n’ont pas ignoré ces problématiques qui appellent bien évidemment une coopération internationale la plus large possible pour tenter de préserver les peuples des effets pervers de la mondialisation et de leur permettre de tirer le meilleur, notamment en termes de prospérité, de cette globalisation. Voyez par exemple, lors des Assises du Tourisme, il a été démontré que sur le milliard de personnes voyageant dans le monde, 85 millions choisissent chaque année la France pour destination. Dans les 10 ans qui viennent, 500 millions de personnes supplémentaires voyageront sous l’effet de la mondialisation. La question qui se pose, le défi qui se présente à nous, à notre pays et aussi à notre ville, est de savoir comment nous allons nous adapter pour rester les leaders mondiaux du tourisme et attirer ces nouveaux voyageurs sur notre territoire. Car c’est de la que provient notre prospérité, oui, c’est de là que proviennent nos ressources essentielles pour mener à bien l’action de la collectivité : refaire les routes, construire des crèches, financer les actions de solidarité à l’égard des plus démunis, diminuer le coût des services publics, c'est-à-dire le coût de la vie.
Oui ce monde global et nouveau en construction nous offre, avec toutes ses turbulences, ses transformations, ses risques et ses promesses, de nombreux défis à relever. Soyons sûrs d’une chose, nous n’en concrétiserons aucun dans le scepticisme et le pessimisme dont la France ne semble pas parvenir, malgré ses progrès récents, à se défaire. Soyons sûrs d’une chose, le monde continuera à changer, il continuera à se construire, avec ou sans nous. Nous pouvons tout à fait décider de le regarder s’éveiller, prendre ses marques, établir ses règles, et pleurer sur notre sort lorsque nous en subirons les effets comme une injustice. Nous pouvons aussi décider aujourd’hui de prendre part à cette édification nouvelle, de participer à la compétition des peuples qui entendent vivre et garantir leur indépendance, afin que le monde qui est en train de se lever porte aussi en lui les valeurs qui sont les nôtres, celles, universelles, que plus de deux siècles d’histoire n’ont pas mis en péril.
Evidemment, dans cette nouvelle organisation du monde, dans le tumulte des nations en plein devenir, la France a un rôle à jouer, elle a une place à tenir. Elle a inspiré tant de peuples épris de liberté, elle a tant témoigné des valeurs humanistes qui ont façonné notre pacte républicain depuis plus de deux siècles, elle a tant apporté en modernité et espérance, elle a tout simplement tant compté dans le monde et pour le monde qu’elle ne peut se résoudre aujourd’hui à être absente de celui qui est en train de naître. La France ne tiendra sa place, elle ne jouera son rôle, que dans la mesure où elle en sera encore capable. Et pour en être encore capable, la France doit poursuivre le mouvement dans lequel elle s’est engagée depuis un an. Elle doit regarder devant elle et non derrière. Elle doit s’inspirer de l’âme de nos aînés qui n’ont pas craint l’effort et le sacrifice chaque fois que la difficulté les a rendus indispensables au salut de notre pays. Sans eux, nous n’aurions pas autant joui du confort qui a été le nôtre au cours de ces 50 dernières années. Mais le devoir et notre responsabilité nous obligent à nous poser la question : de quoi vivrons nos enfants après nous ? Nous sommes sur le point de leur léguer une dette abyssale de plus de mille milliard d’euros, une planète appauvrie dans ses ressources naturelles et en danger. Il est urgent d’agir, il est urgentissime de réagir.
La lucidité ne doit pas nous conduire à baisser les bras, le volume de l’endettement ne doit pas nous effrayer au point de ne rien faire, l’état de la planète ne doit pas nous apparaître une fatalité, mais bien au contraire, doivent nous stimuler, produire un électrochoc, nous faire retrousser nos manches, nous remettre au travail. Je me réjouis de la volonté du président de la République déterminé à réhabiliter le travail comme une notion essentielle dans la vie des Français. Je me réjouis de sa volonté à poursuivre les réformes engagées depuis un an dans notre pays, avec lucidité, courage, et responsabilité, avec détermination aussi et une vraie volonté de réduire les dépenses publiques, parce que tel est notre devoir vis-à-vis des générations futures mais aussi vis à vis de ceux dont nous avons célébré la mémoire ce matin et qui ont lutté, versé leur sang, donné leur vie pour que cette France que nous aimons demeure de génération en génération. Elle nous a été confiée pour un temps donné, avant de la transmettre à notre tour à ceux qui nous suivront.
En un an les réformes engagées, certaines terminées, d’autres à venir, ont été nombreuses. Selon le souhait de Nicolas Sarkozy, et afin de rattraper les années d’inaction, plusieurs chantiers ont été menés de front. Parmi ces réformes, certaines ont été plébiscitées, d’autres ont pu faire grincer des dents, toutes pourtant restent nécessaires et indispensables. Quel est aujourd’hui l’usager qui se plaindrait de la mise en place du service minimum ? Personne n’avait osé le faire jusque là, on disait même la chose impossible en France. Eh bien nous avons eu cette audace. Qui contesterait aujourd’hui la nécessité d’une politique d’immigration choisie, c'est-à-dire maîtrisée ? Qui reprocherait au président de la République d’avoir également engagé l’institution judicaire dans une profonde réforme, d’avoir adapté la fiscalité à la nécessité de relancer notre économie, la consommation des ménages et le pouvoir d’achat notamment avec le crédit d’impôt et la défiscalisation des heures supplémentaires ? Qui reprochera au Chef de l’Etat d’avoir voulu l’équité entre les salariés du privé et du public en réformant les régimes spéciaux, de vouloir une nouvelle école où la réussite scolaire sera une priorité de l’éducation nationale, pensez qu’à ce jour 15% des enfants qui entrent au collège, c'est-à-dire 100 000 enfants chaque année, ne savent ni lire ni écrire ?
Alors mes amis, je vous le dis : est belle cette France qui se réveille, est belle cette France qui se relève, est belle cette France qui se remet en ordre de marche.
Toutes ces réformes poursuivent le même objectif : redonner à notre pays la capacité d’entreprendre, relever la France de ses récentes défaites, la laver de l’affront de son déclin, redonner à notre pays et à notre peuple leur crédibilité et leur influence dans les affaires du monde face à de nouvelles puissances, à des pays émergeant dont la volonté et l’audace ne souffrent aucune frilosité à la française.
J’aime cette analyse de l’éditorialiste Claude Imbert qui écrivait récemment : « c’est une vérité que, dans sa mue historique, la nation n’est déjà plus ce qu’elle était et pas encore ce qu’elle devient ». Voilà la vérité, nous ne sommes plus tout à fait ce que nous étions et pas encore ce que nous devons être. C’est sans doute là que la peur et l’angoisse poussant au pessimisme des Français prennent naissance, dans le fait que notre pays n’est plus tout à fait ce qu’il était et pas encore ce qu’il doit être. Nous sommes écartelés entre deux mondes, l’un finissant, l’autre commençant. Nous devons trouver nos marques, prendre nos repères, faire notre place. Nous avons quitté le rivage d’une démocratie et nous ne sommes pas encore arrivés à bon port de la nouvelle, celle qui nous permettra de concilier fidélité aux valeurs de la France et nécessité de s’adapter aux évolutions du monde.
Nous devons donc continuer avec confiance et persévérance à agir, à faire, à devenir. C’est une évidence, c’est une nécessité absolue, c’est même une question de survie pour notre pays. La réforme des institutions en cours offrira à notre vieux pays, devenu parfois frigide à l’excès, les moyens d’épouser la modernité, la jeunesse d’un monde nouveau en pleine croissance.
A l’heure où la France prend la présidence de l’Union Européenne pour les six prochains mois, à l’heure où le président de la République concrétise son projet pour l’Union de la Méditerranée, un projet cohérent avec notre histoire, un projet qui démontre que la France a encore une vision du monde, et la réunion des 44 chefs d’Etats Méditerranéens à Paris prouve le bien fondée de cette démarche et la crédibilité de la France dans sa vision du monde, un projet cohérent également avec nos relations historiques avec les pays méditerranéens du Moyen Orient au Maghreb, un projet dont Cannes doit pouvoir tirer le meilleur des échanges à venir, nous devons plus que jamais témoigner de notre volonté, de notre dynamisme, de notre enthousiasme, de notre espérance.
Et je crois que nous en avons la capacité, ici à Cannes, où nous avons la chance de vivre.
Il y a quelques mois, les Cannois ont clairement exprimé leur souhait de poursuivre le renouveau engagé depuis sept ans. A l’image de ce que le président de la République fait pour la France depuis un an, nous avons remis ensemble notre ville en marche au cours des sept années écoulées, nous l’avons préparée à affronter la concurrence internationale dans le cadre du tourisme qui est la première ressource de notre cité, nous avons mis tous les moyens pour garantir une meilleure sécurité avec 40 % de délinquance en moins, une plus grande propreté, des transports en commun plus fréquents et performants, un environnement protégé et un cadre de vie embelli, des finances assainies et des contentieux purgés. Cela nous a pris du temps, cela ne s’est pas fait en un jour ni en un an, et dans certains domaines, comme la sécurité notamment, notre exigence reste d’aller encore plus loin. Les derniers chiffres montrent d’ailleurs une nouvelle baisse de la délinquance de voie publique de 9% cumulés depuis le début de l’année.
Plus loin aussi dans la protection et la valorisation de notre environnement. Car il s’agit de notre patrimoine vital, de notre assurance vie, la nôtre et celle des générations futures. C’est aussi ce que nous laisserons derrière nous. Les différents ateliers mis en place dans le cadre de l’Agenda 21 ont déjà mobilisé un grand nombre de Cannois et fait remonter 380 actions à mener. Nous en avons planifié 100 prioritaires qui vous seront présentées à l’automne. Et parmi elles, il en est une qui me tient particulièrement à cœur, c’est la mise en place d’une garantie de prêt à taux 0 pour tous les Cannois qui s’équiperont en panneaux solaires pour réduire la consommation d’énergie électrique. Cette action s’inscrit dans une vraie démarche de la collectivité en faveur du pouvoir d’achat des Cannois. Car le pouvoir d’achat des Cannois est aussi une de nos préoccupations et le sens de notre action municipale.
Depuis plusieurs années, à travers la renégociation des contrats de services délégués, je me suis attaché à défendre le pouvoir d’achat des Cannois, c'est-à-dire à obtenir de nos prestataires un service de meilleure qualité, au moindre coût. Une devise que j’ai également appliquée aux services municipaux : faire plus et mieux avec moins. Eh bien, à titre d’exemple, nous avons appliqué cette devise dans les transports où le prix du ticket de bus a été diminué de 40 centimes d’euros, soit l’équivalent de 2 francs 60 par ticket, nous avons également mis en place la gratuité du bus pour les personnes de plus de 65 ans non imposables et la première heure de stationnement gratuite dans les parkings ; avec David Lisnard, à la présidence du syndicat chargé de la gestion de l’eau potable, nous avons aussi réduit le prix de la facture d’eau, pour les familles c’est celui de la restauration scolaire que nous avons aussi diminué alors que la qualité des repas s’est nettement améliorée.
Au cours des années qui viennent, je souhaite que nous poursuivions cette démarche en faveur de votre pouvoir d’achat notamment encore dans la restauration scolaire, le tarif des liaisons avec les îles de Lérins, l’accès à la culture pour tous dans le cadre de Made in Cannes et l’organisation d’exposition gratuite à Ranguin, la mise en place de tarifs préférentiels pour les familles nombreuses notamment pour les loisirs et, ce qui fut un engagement de ma campagne, le recyclage des ordinateurs que la ville remplace qui pourra être cédé aux familles en difficulté.
Tout ceci est l’expression d’une volonté, de ma volonté, d’offrir à tous les Cannois et les Boccassiens une qualité de vie idéale à Cannes, malgré les difficultés et le coût de la vie.
Enfin, puisque nous célébrons aujourd’hui l’esprit de la république et de la démocratie de notre pays, je tiens à vous annoncer que nous mettrons en place, dès le mois de septembre, un Conseil Cannois de Concertation qui réunira régulièrement des Cannois volontaires, motivés, et désireux de réfléchir ensemble, de proposer des idées d’actions dans les domaines de la jeunesse, de l’éducation, de la vie associative, du tourisme, de l’économie, de la solidarité, tout ce qui touche et fait notre quotidien. J’ai également souhaité, dans le cadre de ce Conseil Cannois de Concertation, qu’une commissions se penche plus particulièrement sur la prospective, sur l’évolution de notre ville à l’horizon 2025-2050. Parce que gouverner, c’est prévoir, je souhaite vraiment que nous engagions une réflexion sur l’avenir à long terme de notre ville, et parce que Cannes appartient aux Cannois, je souhaite que cet avenir soit appréhendé ensemble dans un esprit de dialogue, d’écoute et comme le nom du conseil l’indique de concertation. Dans les décennies à venir, Cannes devra faire face à de nouveaux défis contemporains. Je souhaite que nous la préparions ensemble à cela.
Mes chers amis, chères Cannoises, chers Cannois, l’esprit du 14 juillet, c’est l’esprit de Liberté, c’est l’esprit Français. C’est tout ce qui fait notre histoire, notre présent et aussi notre avenir. Je souhaite que nous sachions rester fidèles à cet esprit là. Je souhaite que dans les semaines, les mois, les années avenir nous gardions ou retrouvions l’esprit d’audace, d’initiative, que nous sachions rêver et que nous nous donnions la peine de réaliser nos rêves. J’en ai la certitude : rien n’est impossible !
L’actualité de ces derniers jours suffit à le démontrer : Ingrid Bétancourt est vivante et libre. Qui croyait cela encore possible ? Par son courage, sa capacité à tenir debout, sa force à redresser la tête, à résister, malgré des conditions de captivité physique et psychologie terribles, elle est aujourd’hui un exemple, un modèle, une valeur sûre de ce que la France porte en elle de meilleur. Ces premiers mots adressés à notre pays lors de son retour sur notre sol ont été : « la douce France », qui parmi nous les chante encore ces mots ? Des mots qui m’obligent à reprendre ici avec plaisir ceux d’un éditorialiste qui écrivait récemment : « Il aura fallu qu’une Franco-Collombienne, pétrie d’universalisme, d’éducation très cosmopolite, rêve notre pays depuis sa prison pour que les Français redécouvrent –car ils le savaient déjà- que la France est douce en dépit des maux qui l’accablent, qu’elle peut être grande, et qu’il est permis de l’aimer. »
Alors mes amis, chaque jour, dans notre vie quotidienne, et ce matin plus particulièrement, n’ayons pas peur d’aimer la France et de dire partout que nous l’aimons ! Et que cet amour légitime, profond et sincère, soit l’allégresse de notre fête nationale aujourd’hui.
Bon 14 juillet à tous, Vive la République ! Vive la France ! |